"à vos côtés à chaque droit"

Les conseils du cabinet

Contester ou établir une reconnaissance de paternité : comment faire ?

reconnaissance de paternité, avocat droit de la filiation, action en recherche de paternité, contester une paternité, test adn juridique, CTL Avocats

La filiation est le lien de droit qui unit un enfant à ses parents. C’est le fondement de l’identité, de l’histoire personnelle, mais aussi de nombreux droits et devoirs : l’autorité parentale, le nom de famille, l’obligation alimentaire, l’héritage… Le plus souvent, ce lien est établi naturellement. Mais il arrive que la réalité biologique et la réalité juridique ne coïncident pas, créant des situations humaines et légales d’une extrême complexité.

Un enfant naît sans être reconnu par son père. Un homme découvre qu’il n’est peut-être pas le père biologique de l’enfant qu’il a élevé. Une mère veut faire reconnaître les droits de son enfant vis-à-vis de son géniteur. Toutes ces situations, qui touchent au plus profond de l’intime, ont des solutions en droit. Il est possible d’agir en justice pour établir un lien de filiation qui n’existe pas, ou pour contester un lien qui a été établi à tort.

Ces actions en justice, parmi les plus techniques du droit de la famille, sont soumises à des règles et des délais très stricts. Elles ne peuvent être menées à la légère. Ce guide, rédigé par les experts de CTL Avocats, a pour but d’éclairer les justiciables de Seine-et-Marne et du Val-de-Marne sur ces procédures sensibles et sur le rôle crucial de l’avocat pour les mener à bien.

L’action en recherche de paternité : pour qui, pour quoi ?

L’action en recherche de paternité vise à faire établir judiciairement un lien de filiation entre un enfant et celui que l’on prétend être son père, lorsque ce dernier n’a pas reconnu l’enfant.

Qui peut engager l’action ?

  • La mère, durant toute la minorité de l’enfant.
  • L’enfant lui-même, dans les 10 ans qui suivent sa majorité (soit jusqu’à ses 28 ans).

Quel est le but de l’action ?
Si le juge fait droit à la demande, les conséquences sont rétroactives et très importantes. L’établissement du lien de filiation entraîne :

  • L’établissement de l’autorité parentale (qui sera en principe exercée conjointement si les parents vivent ensemble, ou par la mère seule s’ils sont séparés, avec des droits et devoirs pour le père).
  • La possibilité pour l’enfant de porter le nom de son père.
  • La création d’une obligation alimentaire à la charge du père, qui pourra être condamné à verser une pension pour l’entretien et l’éducation de l’enfant.
  • L’enfant devient héritier réservataire de son père, avec tous les droits que cela implique dans sa succession.

Il ne s’agit donc pas seulement d’une reconnaissance symbolique, mais de la création de l’ensemble des droits et devoirs qui découlent de la paternité.

L’action en contestation de paternité : les délais stricts à respecter

L’action en contestation de paternité vise, à l’inverse, à anéantir un lien de filiation légalement établi, au motif qu’il ne correspond pas à la vérité biologique. C’est une action soumise à des délais de prescription très stricts qu’il est impératif de connaître.

Qui peut agir et dans quels délais ?
Tout dépend de la situation. Le principe général est que l’action se prescrit par 5 ans à compter du jour où l’on a découvert que le père légal n’est pas le père biologique.

Plus précisément :

  • Le père légal (celui qui a reconnu l’enfant) peut contester sa paternité dans un délai de 5 ans.
  • La mère peut contester la paternité de celui qui a reconnu l’enfant dans un délai de 5 ans.
  • L’enfant, une fois majeur, a 5 ans pour agir.
  • Celui qui se prétend être le véritable père peut également agir pour contester la paternité légale et faire établir la sienne, dans un délai de 5 ans.

Le cas particulier de la « possession d’état » :
Si le père légal s’est comporté comme le véritable père pendant au moins 5 ans (il a élevé l’enfant, subvenu à ses besoins, l’a présenté comme le sien…), on dit qu’il y a « possession d’état ». Dans ce cas, l’action en contestation est beaucoup plus difficile. Seuls l’enfant, l’un des parents légaux ou celui qui se prétend le vrai père peuvent agir, et ce, dans un délai de 5 ans à compter de la cessation de cette possession d’état.

Ces règles de délais sont extrêmement complexes. Consulter un avocat spécialisé en droit de la filiation le plus tôt possible est la seule façon de savoir si votre action est encore recevable.

Le test ADN est-il obligatoire ? La « reine des preuves »

Au cœur de toutes ces procédures, il y a une preuve qui prime sur toutes les autres : l’expertise biologique, plus connue sous le nom de test ADN.

Le test ADN ne peut être ordonné que par un juge
En France, il est illégal de réaliser un test de paternité « de loisir » acheté sur internet. Seul un juge, dans le cadre d’une procédure judiciaire, peut ordonner une expertise biologique.

Peut-on refuser de se soumettre au test ?
Oui, nul ne peut être contraint à un examen médical. Un homme a le droit de refuser de se soumettre au test ADN ordonné par le juge.

Quelles sont les conséquences d’un refus ?
Ce refus n’arrête pas la procédure. Au contraire, il est lourd de conséquences. Le juge est libre d’interpréter ce refus comme un aveu de paternité. S’il est corroboré par d’autres indices (témoignages, lettres, photos…), le juge pourra tout à fait déclarer la paternité même sans la preuve scientifique. Un refus est donc une stratégie très risquée.

Le rôle de l’avocat est de vous expliquer les enjeux de cette expertise et les conséquences de vos choix.

Le rôle de l’avocat dans ces procédures complexes

Compte tenu de la technicité des règles et de la sensibilité des enjeux, le recours à un avocat est obligatoire pour mener ces actions devant le tribunal judiciaire (que ce soit à MeauxMelun ou Créteil).

Son rôle est multiple et crucial :

  1. Analyser la recevabilité de votre action : La première chose que fera votre avocat est de vérifier si vous êtes bien dans les délais de prescription. C’est une étape fondamentale pour ne pas engager une procédure vouée à l’échec.
  2. Rassembler les preuves : Au-delà du test ADN, il vous aidera à rassembler tous les « commencements de preuve par écrit » ou les témoignages qui viendront étayer votre demande.
  3. Rédiger l’assignation : C’est l’acte qui saisit le tribunal et expose votre demande de manière argumentée et juridiquement fondée.
  4. Vous représenter et vous défendre : Il assurera les échanges avec l’avocat de la partie adverse et plaidera votre dossier devant le juge, en mettant en avant les arguments les plus pertinents.
  5. Vous accompagner humainement : Ces procédures ravivent des blessures et des histoires personnelles douloureuses. Votre avocat est aussi là pour vous écouter, vous conseiller et vous accompagner avec l’empathie et la distance professionnelle nécessaires pour traverser cette épreuve.

Vos questions sur la filiation

  • Q1 : Je suis né d’un don de sperme anonyme. Puis-je faire une action en recherche de paternité ?
    Non. La loi organise l’anonymat du don de gamètes et interdit toute action en recherche de filiation contre le donneur. Cependant, les lois de bioéthique récentes permettent, sous certaines conditions, aux personnes majeures nées d’un don d’accéder à des informations non identifiantes, voire à l’identité du donneur si celui-ci y consent.
  • Q2 : Si la paternité est établie, puis-je réclamer un arriéré de pension alimentaire depuis la naissance ?
    Oui. L’établissement de la filiation a un effet rétroactif. Vous pouvez demander une contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant pour la période passée, dans la limite des 5 dernières années avant l’introduction de l’action.
  • Q3 : Contester une paternité coûte cher ?
    Une action en justice a un coût (honoraires d’avocat, frais d’huissier). Il faut également prévoir le coût de l’expertise ADN, qui est de plusieurs centaines d’euros et qui est généralement avancé par celui qui la demande. Cependant, ces frais doivent être mis en balance avec les enjeux (obligation alimentaire sur des années, droits de succession…).

 

Une quête de vérité encadrée par le droit

Les actions relatives à la filiation sont bien plus que de simples procédures. Elles sont souvent une quête de vérité, une recherche d’identité ou la réparation d’une injustice. Elles touchent à l’essence même de ce qui constitue une famille.

Parce que les enjeux humains et patrimoniaux sont immenses, le législateur a encadré ces actions par des règles très strictes. Naviguer dans ce droit technique et sensible sans l’assistance d’un avocat expert en droit de la filiation est non seulement impossible, mais surtout extrêmement risqué.

L’équipe de CTL Avocats possède cette expertise pointue et l’approche humaine nécessaire pour vous accompagner dans ces démarches délicates. Que vous soyez en Seine-et-Marne ou dans le Val-de-Marne, si vous êtes confronté à une question de paternité, contactez-nous pour une consultation confidentielle afin d’évaluer vos droits et de définir une stratégie.